TRISTAN GODEFROY – Agent de photographes, CEO de Tristan Godefroy SARL-Limited


27
/
01
/
17

– Présente toi !

Tristan Godefroy, appelé Boy. Le nom de mes sociétés c’est Tristan Godefroy SARL et Tristan Godefroy Limited. Je suis le CEO de chaque boite. La SARL, c’est mon agence à Paris et la Limited, celle de Londres.

– D’où viens tu ?

Je suis né à Fontainebleau, en Seine et Marne, dans une famille sympathique, saine, avec trois gentils frères. J’ai eu une enfance dorée, dans la forêt.

– Ton parcours ?
Après avoir écumé les huit ou dix écoles de Fontainebleau…

– Pourquoi huit ou dix écoles ?
Parce que dès le début j’ai rencontré des difficultés avec le système scolaire et l’autorité. Je suis parti à 17ans à Paris le bac en poche. Avec un de mes frères, on s’est retrouvé dans un appartement familial où on a fait la bringue pendant pas mal d’années. Mes parents ont alors vite compris que je n’étais pas fait pour la fac de droit où ils m’avaient inscrit. Je suis parti aux Etats Unis pendant un an où j’ai fait une école de commerce. Pas une grande école… Et puis en fin d’études, j’ai commencé un stage dans une boite qui s’appelait Ho My Dog,  qui a créé un parfum de luxe pour chien. C’était avec trois types de chez Givenchy assez délirants… Après j’ai enchainé chez Sylvie Grumbach au Deuxième Bureau afin de faire de la communication dans la mode et dans le luxe. C’était le top pour commencer dans ce domaine. J’y ai passé trois années. Je m’y suis épanoui et j’ai commencé à créer mon propre réseau. C’est alors que Judey Casey de l’agence new yorkaise de photographes, m’a proposé d’ouvrir son bureau à Paris. J’ai accepté sans vraiment connaître le métier. Au final, cela a marché assez vite. Je m’y suis mis à fond. J’avais enfin trouvé l’équilibre entre le plaisir que j’y prenais, l’argent que je gagnais et les rapports humains. Fort de cette expérience, j’entrepris d’ouvrir ma propre agence.

– Cela t’avait déjà traversé l’esprit d’atterrir dans ce milieu ?
Ha ! Jamais ! Pourtant j’avais une grand mère qui était collectionneuse de photos et qui adorait l’art contemporain. Elle m’emmenait très souvent dans les galeries, voir des expositions, et ça jusqu’à sa mort. Du coup j’avais développé une grosse sensibilité dans ce domaine et le déclic s’est fait naturellement. Mais je me souviens qu’au tout début, je voulais être cuisinier.

– Comment peux-tu nous présenter ton job ?
L’agence que j’ai donc ouverte il y a maintenant un peu moins de dix ans, s’occupe de représenter des photographes basés entre New York, Londres et Paris. Autour de cette douzaine de photographes, je représente également deux stylistes et un set designer. Mon métier c’est de leur trouver du travail, négocier leurs contrats, et de leur amener toute la structure nécessaire afin qu’ils puissent travailler dans des chaussons. On peut aussi les produire, ce qui inclut qu’on s’occupe de leurs castings, des repérages, on gère la postproduction, on trouve les coiffeurs, les maquilleurs…

– Comment ces artistes renommés en sont arrivés à te faire confiance ?
Principalement le bouche à oreille. Ce sont des gens qui me les ont envoyés. C’est un métier où on a une forte proximité avec les artistes, c’est donc important que cela ne soit pas que financier, sinon cela ne dure pas. Les photographes avec qui je suis, on est ensemble quasiment depuis le début. Il y a très peu de turn-over. Ce qui fait que la confiance s’est installée depuis toutes ces années, et qu’elle est bien ancrée aujourd’hui. Ce sont des êtres sensibles, comme tous les artistes, j’en arrive à être un peu leur nounou. Et cela ne me dérange pas.

– Des modèles, des gens que tu admires dans le métier ?
Oui, les gens de mon entourage par exemple. La famille, mes amis, mon réseau professionnel. Même mes concurrents. Parfois je regarde leur travail, et je trouve ça excellent. J’ai l’impression qu’il y a un corporatisme dans notre métier qui fait qu’on est tous un peu solidaires. Je ne pense pas être sujet à une quelconque animosité. Chacun trouve sa place et je suis content de voir qu’à Paris il y a des gens qui travaillent bien, et qu’on n’est pas obligés d’aller à l’étranger pour trouver des perles rares dans notre métier.

– Justement, où en es-tu de ta structure montée à Londres ?
Pour l’instant ça commence à prendre tranquillement, c’est un peu lent. On représentait un photographe dont on va devoir se séparer. On en représente deux autres spécialisés dans les natures mortes, les Coppi Barbieri qui travaillent ensemble depuis 25 ans et qui sont en couple. J’aimerais bien trouver deux autres photographes basés là bas et faire de ce bureau un siège à part entière et ne pas seulement en faire le relais du catalogue qu’on a à Paris. J’espère qu’on trouvera le point mort à la fin de l’année, pour parler de façon comptable.

– Une journée type ?
Elle va dépendre du planning de shooting. Le matin j’arrive autour de 9h30 au bureau. Puis je passe sur les shootings. Soit le matin, soit l’après midi ou le soir. Il est très important de rendre visite au photographe, montrer aux clients qu’on est là, qu’on ne les prend pas pour de la marchandise. Surtout lorsque ceux ci sont très fidèles. C’est un relationnel que j’apprécie, et je tiens à le faire perdurer.

– Comment penses tu être perçu dans ton travail ?

Je me suis beaucoup posé cette question. Cela m’a vraiment ennuyé pendant longtemps. Parce qu’en fait, être chef d’entreprise, c’est aussi une grande aventure humaine. Tu vois, dans mon bureau on est un petit nombre et notre relationnel est assez fort. Pendant dix ans cette question m’a hanté mais je trouve que dorénavant, je suis beaucoup plus serein, beaucoup plus calme. Il y a moins d’hystérie (rires) et du coup savoir comment je suis perçu est une question que je laisse de côté. Je pense que je ne suis pas facile, parce que très exigeant. C’est difficile de faire tourner une boite, de s’assurer que les salaires seront payés à la fin du mois, je peux donc me permettre d’être exigeant.

– Un conseil à donner à ceux et celles qui veulent faire le même métier que toi ?

Du travail et savoir bien s’entourer. Très important de bien s’entourer…

– Des endroits pour te détendre ?

Bonne question, mais je n’ai pas vraiment besoin d’aller dans un endroit pour me détendre. Je suis bien chez moi, je peux me sentir très bien au bureau. Par contre j’adore être à la campagne, dans la forêt. La montagne c’est formidable.